blog from the dead

D+/M-, le quatrième album bien burné de Justin(e)

In Ouverture des oreilles on 11 avril 2014 at 22:58

Par Quentin, ouais.

Oooooh Justine… on s’était déjà croisé y’a longtemps sur un blog et, déjà, je t’avais bien léché les fesses. Je fais des efforts pourtant, je cherche des trucs nazes à dire sur tes albums, tes concerts et même concernant ta désinvolture manifeste sur les réseaux sociaux. Mais non, désolé.

Par respect pour tes primos-auditeurs qui découvriraient ta poésie ligérienne, je m’en vais résumer maladroitement les émotions que tu provoques dans mon corps (les oreilles, principalement).

headjustine

Chers amateurs de guinguette-distorsion,

Justine sont Nantais, ils font de la scène avec des instruments depuis quelques années bla bla bla. Ils ont l’habitude d’un son bien brut sans être brutal, économisant sur les effets de style (et les effets tout courts) pour cuisiner des mélodies pêchues mais, toutefois, jamais tout à fait, vraiment, répétitives. Pour les paroles, j’ai lu quelques fois qu’elles étaient une autre de ces tentatives vaines de caler du Français sur de la disto. C’est absolument pas vrai. Justine travaille ses textes comme un forgeron forge des choses et comme cette image est à la fois originale et concrète, je n’en dirais pas plus.

où Les Trois Fromages s’épanouissent dans la nourriture, Justine est un collectif comparable à une équipe de football. Uniquement constituée d’ailiers gauche apparemment vu la teneur politique de certaines mélopées. Mais bon, si les amateurs de punk-rock (mon dieu que cette étiquette pue du cul) étaient politisés, ça se saurait.

Justine est une épopée. Je suis assez friand d’opéra-rock et j’ai tendance à vivre leurs albums et leurs concerts comme tels. Alors que, en fait, non. En public, je ne vais faire de détour : il faut les voir. Point. Côté album, parce que c’est quand même le sujet, Justine constituera une référence de qualité dans votre bibliothèque de laser-disk.

Justine-Wikipedia

Respect ma gueule.

Quatre joueurs

 

Je pourrais faire comme le bon élève qui aurait wikipédié toutes les références philosophiques des lyrics. Mais, j’ai la flemme et, honnêtement les philos ça vous emmerde, non ? Vraiment pas ? Bon.

Justine nous parle comme ce professeur de lycée trop cool mais bouffé par un cadre de merde, bridé par je-ne-sais-quoi. Il lui faudrait plus qu’un simple tableau noir et des craies bon marché pour exprimer l’entièreté de son talent. Plus qu’une scène et 1h ou deux de live. Plus qu’un simple disque. Vous voyez ce professeur à la fois passionné et intéressant ? Imaginez tous ses cours mis bout à bout et concentrés comme un verre de Pulco. Une sacrée branlette du cerveau qui recouvrirait de… bonheur tout le plafond. Un album de Justine, c’est ça. Et c’est beau.

Une guitare solide, puissante et riche (tout ce qu’on peut espérer d’une guitare en soi), une ligne de basse absolument incroyable qui m’évoque un tsunami de belettes qui copulent et une batterie énervée, qui, bizarrement, n’en fait pas des tonnes et se contente souvent de faire poum-tchak-poum-poum-tchak. Naaaaan je déconne, les drums (prononcez « dreumz ») sont de vrais tambours de fin du monde et le batteur a quand même écrit une belle chanson sur Treillières Über Alles alors on va lui foutre la paix s’il vous plait.

.

Et l’univers en entier est encore amoureux de vous

 

Chaque album de Justine est parsemé de petites perles musicales que l’on a tendance à chantonner instinctivement. Cette année, j’ai fondu pour Je m’en vais ou je m’en va l’un et l’autre se dit ou se disent, même si elle est suivie de près par ses consœurs. A l’image d’une Affreux sale et méchant ou d’une Ode à la mort, il faudra monter le volume pour en apprécier toute la puissance.

Au final, je ne suis pas en train de dire grand-chose. Je me souviens j’avais dit qu’Accident numéro 7 (2008) était simple sans être simpliste, que Treillières Über Alles (2011) était très produit et d’une richesse folle… D+/M- (oui, c’est le nom de l’album il était temps de le dire) est violent, précipité et assez éclectique. Deux ou trois rhinocéros (les amateurs de théâtre auront déjà reconnu la référence) se démarque par l’envie de danser comme OSS 117 qu’elle dégage. On y retrouve les mêmes sobriquets de basse que dans les deux derniers opus, cette même envie de pousser la chansonnette dans les rangs d’une manifestation d’entre-deux tours d’élections présidentielles de 2002 (par exemple) et cette impression que putain, Alexandre Vaillant a quand même une sacrée paire de cordes vocales. D+/M- est aussi sérieux et puissant que ses grands frères ; à titre de comparaison, si vous avez aimé Poésie Zéro (génies que vous êtes), vous aimerez Justine, mais pas pour les mêmes raisons (et vice et versa). Bref je pourrais continuer à faire l’apologie de cette sympathique bande à la sauce Treillières mais je m’y refuse. Allez vous baigner dans l’univers Justine, encore et encore, sans modération.

Le temps d’écoute n’est pas dégueu pour une production de ce style. Comptez un bon Vannes-Lorient pour en faire le tour (unité de mesure agréée par ta grand-mère). Pour les non-familiers de la N165, tablez sur une quarantaine de minutes, c’est quand même 10 de plus que les deux derniers albums. Enfin, D+/M- est un album correctement burné dans son packaging avec des visuels sympas, aussi moches qu’il y a trois ans certes, mais bon quand même sympas.

Justin(e) : écoute, achète

Bonus : Avec la version souscripteur a été offert un tatouage éphémère de la fameuse et célèbre chaise ainsi qu’un sympathique bouquin intitulé « Onze joueurs ». Vous y trouverez quelques réflexions philosophiques, sociologiques, politiques bien corsées autour des textes Justiniens, mais quand même intéressantes si vous passez du temps à lire des trucs en général. Bisous.

Les burnes de 2011. On ne s’en lasse pas.

 

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