blog from the dead

Hobbitinn minn

In Sur les écrans, Université Le P'tit Zombie on 26 décembre 2012 at 15:19

Par Captain Flemme, El Bougon d’service.

Vous l’aurez compris, aujourd’hui, je vous parle… du Hobbit.

Bon, déjà j’annonce la couleur, je risque de vous embêter, vous qui avez adoré ce film.


Car oui, je suppose que vous savez tous qu’est sorti sur nos écrans le 12 décembre de l’An de Grâce 2012 The Hobbit – An Unexpected Journey, adaptation de la première partie du livre de Tolkien, The Hobbit. Pour ceux qui l’ignoreraient, ce roman est paru pour la première fois en Angleterre en 1937, et est l’oeuvre du célébrissime J.R.R. Tolkien, dont l’oeuvre a émerveillé des milliers d’enfants (au bas mot).

A l’origine, l’histoire était celle qu’il racontait à ses enfants. A l’époque, la Terre du Milieu n’avait pas atteint sa plénitude et a fortiori, elle n’existait pas dans le Hobbit. Le livre fut un succès, tant et si bien que les éditeurs voulurent une suite ! Un Bilbo II ! Mais cela n’intéressait pas Tolkien, qui leur proposa des extraits de ce qui deviendrait plus tard le Silmarillion. Devant le refus des éditeurs de publier ce manuscrit, il se mit à l’ouvrage. Mais il n’avait pas envie de continuer l’histoire de Bilbo. Il inventa donc Bingo le Hobbit, neveu de Bilbo, qui s’embarquait dans une quête encore plus extraordinaire.

Vous conviendrez que Bingo n’est pas un nom très… heureux pour un Hobbit. Et Tolkien voulait ancrer l’univers qu’il inventait, celui de la Terre du Milieu, dans celui qu’on lui imposait d’écrire : celui de Bilbo et de Bingo. Après moult tâtonnements, Bingo devint… Frodo (mais vous deviez l’avoir compris). Cela déboucha a posteriori par une réécriture de certains passages du Hobbit pour qu’il aille là où il voulait l’amener. On peut d’ailleurs ressentir ces hésitations de Tolkien dans la manière dont commence le Seigneur des Anneaux : Bilbo use et abuse de l’Anneau au tout début, celui-ci a d’ailleurs un statut assez à part… A mon sens, s’il est difficile, pour de nombreux lecteurs, de lire le Seigneur des Anneaux, c’est en partie à cause de cela. Mais passons.

Ainsi, dans la mythologie tolkienne, le Hobbit possède un statut à part. Quand bien même il fut retravaillé pour entrer dans la Terre du Milieu, avec Elrond, Gollum, la géographie, également, il n’empêche que des « incohérences » avec le Seigneur des Anneaux existent. La plus grande différence est avant tout stylistique. Le SdA est écrit comme une geste ou une saga, reprenant les codes des grands écrits mythologiques ou légendaires, tels le Kalevala, ou les Sagas légendaires islandaises (je pense ici à la Völsunga Saga, par exemple). A l’inverse, il faut garder à l’esprit que le Hobbit est un récit pour enfant, un conte (gardez ceci en tête, j’y reviendrai). Ce livre a marqué des générations de lecteur et d’enfants. Et je dois avouer que quand j’ai vu qu’ils allaient sortir un film dessus, je ne savais trop à quel saint me vouer… Le 12 décembre 2012, à 21h24, j’étais dans la salle. Mais comme beaucoup n’ont peut-être pas encore vu le film, je vais essayer de ne rien spoiler… Même si ça va être dur.

Bon on va mettre tout de suite les pieds dans le plat, pour finir sur les points positifs.

Je veux bien que The Hobbit soit un conte pour enfant. J’accepte donc le côté féerique et non purement epic heroic fantasy. Mais cela ne justifie pas tout. On ne peut pas mettre un humour 70 % Disney, 30 % Comédie d’action hollywoodienne partout.

Les blagues sont donc… attendues et faciles. Une fois qu’on est lancé, on sait très bien que tel personnage va avoir un silence et une moue qui fera rire le public à tel moment, ou qu’une situation désopilante va arriver. En ce sens, le trailer 2 diffusé sur le web contient certains des meilleurs exemple de cet humour. Exemple en images :

Si l’on prend le passage de dialogue entre Bilbo et Gollum par exemple : « if he looses, we eat it all » (dans une espèce de silence caractéristique). Bah voilà. Paf, humour facile sous couvert de vouloir rendre ça « drôle ». Ce n’est pas parce que l’on est dans un conte que l’on doit seulement faire rire. On doit aussi apprendre. La scène des énigmes aurait pu être bien plus pertinente à ce sujet…

Je dois avouer que cet humour pendant 2h50, et ce non stop, m’a un peu échaudé… Mais là encore, vous me direz : « oui, mais c’est un conte ». Blanche-Neige est un conte, Le Petit Chaperon rouge est un conte. Doivent-ils être drôle pour nous livrer leur message ? Est-ce leur but ? The Hobbit serait donc tout simplement une comédie ? Eh bien non. The Hobbit, c’est avant tout un moment d’epicness.  Pour le meilleur et pour le pire, Peter Jackson et ses comparses ont pris l’oeuvre de Tolkien, ont regardé comment ils avaient adapté le SdA, et se sont dit : « comment garder un esprit enfant tout en le faisant entrer dans notre univers visuel ». L’univers visuel se résume donc à de grands paysages néo-zélandais (réussis, je dois le signaler) et à des scènes de baston épiques. La scène de l’Oliphant dans le Retour du Roi ? De la gnognotte. Ici, on combat sur des troncs de pins à peine accrochés par 3 racines à une falaise (ils auraient pu le faire à cloche-pieds en jonglant avec des cimeterres, ça aurait pas donné un meilleur effet).

Et c’est là où la partie puriste de mon cerveau a fait trois tours sur elle-même (je n’avais réussi qu’à en faire deux, durant le reste du film). Depuis quand, le Hobbit est de l’Heroic Fantasy ? Depuis quand les Nains et Bilbo savent faire quelque chose de leurs dix doigts autrement que par un coup de chance ? A dire vrai, dans le livre, même Gandalf a des idées pourries. On notera d’ailleurs que les pommes de pins, présentes dans le bouquin, donnent à la scène une allure complètement hallucinante et déplacée.

En fait, je pense que Jackson et ses compagnons ont aussi essayé de donner un caractère plus « terredumilieuesque » au Hobbit. D’où les collages de pans de l’histoire qui ne sont pas dans le livre et n’apparaissent que dans des annexes du Seigneur des Anneaux. D’où le côté comédie d’action. Si j’osais je comparerai cette adéquation à celle d’Expandables ou, pour faire plus épique, à celle du Choc des Titans, mais ce ne serait absolument pas flatteur.

Je parlais, à l’instant, de collages, le premier de tous, c’est Radagast. Oui, les puristes qui ne se sont pas encore rués voir le film seront déçus : Radagast apparaît de manière active. Bon déjà critique bas du front : que fait Radagast dans ce film ? Après, d’un point de vue technique : comment traverse-t-il des montagnes que les Nains mettent des semaines à franchir ? Deuxième critique du personnage : MAIS WHAT THE FUQUE ?!  Qu’ont-ils fait ? On parle d’un Maia, d’un servant d’une divinité protectrice des forêts. Un esprit qui arpentait la Terre du Milieu et qui a même participé à sa création ! Au lieu de cela, on a le prototype de l’ermite fou qui s’avère en fait être un méga bad-ass. Et en plus, ils font de l’humour sur lui ! A ses dépends : on rit de ses réactions, de ses mimiques. Radagast est un clown marron avec de la fiente sur le visage. Et il a un traîneau ! Tiré par des LAPINS ! On notera au passage qu’un traîneau de lapins va plus vite qu’un loup avec un seul gars sur le dos… Les westerns m’avaient mal renseigné, une diligence, ça va forcément plus vite qu’un cheval seul… Pour reprendre un autre exemple : Radagast, c’est un peu comme si on mélangeait Jar Jar Binks et le Yoda de l’Empire Contre-attaque (qui tendra, je suppute vers un Yoda style SW I, II et III avec le temps).

Erebor

Ceci était la critique Radagast. J’aurais encore des choses à dire à son sujet, mais trêve d’énervement. La critique Gollum est sans doute l’autre moment qui me turlupine dans ce film. Gollum était pathétique dans le SdA. Okay, c’est son rôle, celui de la créature qui n’est plus humaine, ou hobbite. Il doit être plein de pathos, de souffrance, avec un chemin entre repentance et péché. Là, il apparaît une scène, eeeeeet bah adieu le côté dramatique, qui aurait pu être un prélude au personnage tel qu’on l’a vu (et non lu) dans le film du SdA. On va dire que faire des liens, c’est quand ça les arrange. Il fallait une scène comique, ils ont pris celle des devinettes. Résultat : du comique de situation, touchant même au vaudeville et au cabotinage (c’est méchant, je sais).

Tant que l’on est dans les méchancetés : depuis quand Tolkien est l’occasion de faire des stéréotypes ? Depuis quand les Elfes de Tolkien ont des oreilles pointues (cherchez, c’est jamais dit – me semble-t-il). Depuis quand ils ne mangent que de la salade en jouant de la harpe ? Là aussi, franchement, ils auraient pu sortir des Crevetola (brevetées Naheulbeuk), ça ne m’aurait même plus choqué. Du coup, encore du comique de situation : « Nom des dieux les copains, ils ne mangent que de la verdure » se disent les Nains avec des visages dégoûtés. Tout le monde rigole dans la salle. Ahah. Pour moi, cette blague pourrait aussi être recyclée avec Iron Man qui boit un verre et se rend compte que c’est de l’eau, ou Thor qui casse un mug dans un boui-boui en bord de route, etc etc.

Vous prenez des vannes déjà faites, vous changez trois éléments, et le tour est joué !

Quant aux acteurs, eeeeh bien… Ils sont bons (oh tiens, un point positif). Tous. Oui je peux être gentil. Franchement, Martin Freeman joue excellemment bien Bilbo. Richard Armitage se défend tout à fait bien en Thorin, qui pourrait être un personnage super super intéressant à développer et à complexifier dans les prochains films. On pourrait reprocher l’aspect trop « Aragornique » (oui je suis en forme niveau adjectifs), et j’avoue qu’il picote au premier abord, mais on s’y fait. Autrement, tous les Nains ont la classe, des vieux barbus aux jeunes presque imberbes. Les méchants aussi jouent bien, même s’ils ont des rôles mineurs.

Parlons-en des méchants. Là aussi, j’ai trouvé le travail artistique très intéressant. Pour le coup, nous n’avons pas droit aux mêmes orques que dans le SdA, et c’est tant mieux. Prenez Azog, il est classe (ce sera mon seul commentaire). Le Roi Gobelin : classe. Tous les seconds couteaux : classes aussi.

Les ambiances sont bonnes. Les décors sont sublimes, comme les Monts Brumeux, les Cavernes des Gobelins, Erebor et la cité de Dale. On en prend plein la rétine et ça en jette. Mais parfois, on vire dans le trop. Prenez Fondcombe par exemple. Pourquoi balancer plus de trois salles avec des ambiances différentes. Celle avec le cristal brut sous la chute d’eau, seulement pour lire UNE CARTE, ne sert absolument à rien dans l’Histoire, hormis à en mettre plein la vue. Mais c’est joli, alors on va passer dessus.

Côté musique, bah écoutez, c’est bon. Franchement, les chansons sont presque toutes bien intégrées (en vo en tout cas, je n’ai pu goûter à la vf). La seule qui m’a semblé à côté de la plaque est celle du Roi des Gobelins. Elle aurait pu être tellement mieux amenée… Pour le coup elle a l’air d’avoir été placée là sans trop savoir quoi en faire. Quant aux autres, bah on retrouve l’ambiance SdA, et ça c’est fort sympathique. Rien à redire de ce côté-là.

En somme, un bon divertissement, mais pas non plus un chef-d’oeuvre. Enfin, si, dans le style comédie d’action, c’est un bon film. Dans le style adaptation du Hobbit pas américanisé à outrance, c’est amusant.

Les gens qui ont lu le Hobbit et l’ont relu et relu pourraient être déstabilisés et j’les comprends. Les autres apprécieront sûrement.

Merci à tous de votre lecture !

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  1. On est d’accord, sauf que j’ai bien aimé les lapins de Rhosgobel ^^ En fait je crois que j’ai même pas assez accroché, bien que j’ai passé un excellent moment au cinéma, pour l’acheter en DVD… C’est triste à dire pour Le Hobbit tant attendu, mais jamais je ne pourrai le regarder trois fois par jour, tous les jours, pendant des mois comme j’ai pu le faire avec SDA…

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