blog from the dead

Homeland, l’Amérique névrosée

In Sur les écrans on 8 novembre 2012 at 19:30

Par Quentin, semper fideles Nutella.

Après qu’elle ait « raflé presque tout »  (notez la pertinence de l’expression) aux Emmy Awards, Homeland commence à intéresser de près les sérievores de France et de Navarre. Diffusée sur Showtime aux States et Canal+ en France, ce thriller psychologique en boite de 12 retourne un couteau dans une plaie infectée depuis longtemps : Oncle Sam et l’Islam.

La saison 2 n’est pas encore terminée de diffuser outre-Atlantique qu’une troisième est déjà commandée ! C’est le syndrome The Walking Dead, une série avec qui Homeland partage en ce moment les records d’audiences et de popularité.

Homeland, quèsseussai ?

Curiosité : Homeland est une des rares séries dont le titre
n’a pas été traduit par les québécois. Si quelqu’un a une 
idée de pourquoi, je suis preneur.

Littéralement traduisible par « terre de maison », vous aurez compris que Homeland gravite autour d’une certaine notion de Patrie. Le scénario, inspiré d’une série israélienne est plutôt charmant : un soldat disparu en Irak est retrouvé après 8 ans de captivité, et la CIA se demande s’il serait pas devenu éventuellement une marionnette d’Al-Qaïda. Je n’en dis pas plus. La série étant bigrement alambiquée et pleine de rebondissement, je préfère ne rien risquer en termes de spoilage.

Deux personnages centraux articulent la série. Ils sont tous les deux bien névrosés comme il faut, et comme dirait l’autre « c’est ça qu’est bon ».

Claire Danes, alias Carrie Mathison

Carrie Mathison (jouée par Claire DanesTerminator 3), agent des renseignements américains, spécialisée sur la question irakienne et Al-Qaïda. Torturée par de multiples boulettes professionnelles qui lui ont manqué de perdre plusieurs fois son froc en public. Torturée aussi par les images du 11 septembre. Torturée enfin par un trouble de la personnalité qu’elle appelle sobrement « un désordre de l’humeur ».

Un personnage croustillant vous en conviendrez, pas tellement à cause de son boulot d’espion, mais plutôt pour son profil de psychopathe refoulée. Un penchant que les producteurs ont parfaitement exploité, et que Claire Danes a parfaitement interprété.

Damian Lewis, alias Nick Brody

Nicholas Brody (joué par Damian LewisLife, Band of Brother), un marine retenu captif 8 années durant, ayant subi tortures physiques et mentales à fond les ballons, et qui redécouvre son cher pays, sa chère famille et ses chers problèmes. A-t-il été lavé du cerveau pour préparer un attentat contre les États-Unis au nom d’Allah et de la justice divine ? Vous le saurez en regardant… HOMELAND !

Les clefs du succès

En fait dans cette série, ce qui gêne, c’est qu’elle est sacrément crédible et réaliste. Deux personnages cassés, fatigués et qui souffrent en silence, à l’image de leur pays. Tantôt paranoïaque, tantôt pertinente, toujours incomprise : c’est cette Amérique là que les réalisateurs ont voulu nous montrer. Nous sommes (et là je parle de toi lecteur et de moi blogueur) tous des « traumatisés » du World Trade Center. Pas traumatisés au sens qu’on en cauchemarde la nuit, mais bien traumatisés au sens que ce fichu évènement aura dirigé l’atmosphère dans laquelle nous avons grandi.

Homeland, c’est tout ça. Les brisés du 11 septembre.

Il faut aussi lui ajouter une réalisation parfaite et un jeu d’acteur surpuissant. Du sang, des larmes, des crises de nerf, des scènes conjugales légèrement crispantes, des jeux de séduction glacés. Rien de ce qui est gênant n’échappe à Homeland.

Et puis aussi…

Même si elle est très centrée sur ses deux poulains préférés, la série dévoile quelques têtes déjà connues.

Morena Baccarin, que l’on avait vu dans How I Met Your Mother et Stargate SG-1, signe ici une performance tout à fait sympathique. Elle tient le rôle le moins simple sans doute : la femme du soldat, tiraillée entre enfants, amant et époux, et que l’on sent largement dépassée par tout (ou presque).

Morena Baccarin, alias Jessica Brody

Mandy Patinkin, ex-Esprits Criminels, un autre agent torturé, mais pas névrosé. C’est le sage, le doué, mais également le las, désabusé par un métier dont les rouages lui font parfois du mal.

Mandy Patinkin, alias Saul Berenson

Notons aussi le britannique David Harewood, et le canadien Diego Klattenhoff. Des rôles secondaires tout à fait réussis qui mériteraient presque un petit approfondissement.

David Harewood, alias David Estes

Diego Klattenhoff, alias Mike Faber

La mention spéciale

Un détail qui m’a vraiment surpri, c’est la rigueur avec laquelle les réalisateurs ont traité tous les aspects liés à l’Islam. Avec le contexte que l’on connait, il aurait été très facile de tomber dans la moquerie voire même le pugilat idéologique, peut-être sans le vouloir (les téléspectateurs américains sont parfois étranges). Pourtant, et même si certains républicains conservateurs ont dû manger leur Bible à la vue de quelques passages, la série est presque objective. J’irais même jusqu’à dire qu’elle est respectueuse.

De là à dire qu’elle fera changer l’Amérique, je ne pense pas. Mais elle marque tout de même une nette différence avec des séries comme 24h chrono, où le méchant était directement identifié et laborieusement neutralisé.

Homeland a bon fond mes amis. Mais n’oublions pas que derrière les meilleures volontés, le message le plus fort de cette œuvre reste « nous, américains, on peut nous faire mal, mais on ne nous cassera jamais ».

A méditer.

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