blog from the dead

Death Valley – « Let’s go out there, and kill something »

In Pour éteindre le cerveau, Sur les écrans on 7 avril 2012 at 14:13

Par Quentin, diplômé de l’Ecole Supérieure de Tueurs de Zombies, mention Bien-peu mieux faire en nettoyage.

La saison première de Death Valley, série diffusée outre-Atlantique sur Music Televison (MTV) du 29 août au 21 novembre 2011 arrive sur MTV France le 26 avril 2012 ; alors je me suis dit qu’il était temps d’en dire un ou deux mots.

C’est sous un format composite (12 épisodes de 22 minutes) que la chaine musicale américaine a choisi d’exposer une vision particulière de la culture mort-vivant. Produite par le métalleux Spider One, très rythmée et sans fioriture, Death Valley (traduisez « Vallée de la Mort ») vous embarque dans la peau d’une équipe de télévision qui colle aux basques de trois binômes de l’unité « morts-vivants » de la police de Los Angeles. L’UTF, Un-dead Task Force.

Si vous avez le cœur et un sens de l’immoral bien accroché, préparez-vous à passer un bon moment.

Check da crew mothafucka’ !

L’idée.

L’UTF se divise en trois équipes.

La bonasse intelligente & le black drôle ; le gros chauve intègre & le jeune beau mâle pervers ; et le cap’tain & la nouvelle-pas-aussi-bleue-que-ses-collègues-l’imaginent. Une composition pour ainsi dire classique, qui pioche dans tous les clichés policiers US du genre. Ces petits jeux de personnalités, agrémentés de relations complices et/ou contraires, posent une toile de fond à la limite de « carrément marrant », mais toujours vaguement crédible tellement ça suinte le cliché.

« Vas-y, fais un tête de flic méchant »

« You’ve got bit’. ‘Means you’re done »

« What are you talkin’ about ?? I’m your sound-guy ! »

« That’s the Valley. There’re lot of sound-guy… »

Le background lui se monte dans l’originalité la plus complète. Des vampires, des loups garous et des zombies se baladent en ville, et la police doit veiller à ce qu’ils ne fassent pas trop de bêtises. Ne vous méprenez pas, la série n’est pas un remake foisonnant de jump-cut d’X-Files ou de True Blood. Les réalisateurs ont pris soin de banaliser l’Undead, tout en respectant strictement les mythologies qui y sont liées, pour en faire un objet courant, à la limite du vrai-réaliste-crédible.

En général, ça commence comme ça…

… ça file comme ça…

… et ça finit comme ça.

Les loups garous sont, avant tout, des hommes (et parfois, des femmes) malades. Le travail de la police dans leur cas est un travail de prévention. S’assurer que ces gens, qu’ils soient pères de famille ou acteurs pornographiques, restent bien attachés chez eux la nuit de la pleine Lune. Bon évidemment, les forces de l’ordre s’autorisent quelques marrons quand les canidés quittent la niche sans prévenir, évidemment.

L’undead task force s’assure du bien être des citoyens

Pour les vampires, la perception actuelle du spectateur est fortement biaisée par toutes les productions télévisuelles et cinématographiques récentes sur le sujet (voir l’article de Lil’). Mais le traitement réaliste qu’en fait la série, du genre « oh t’es un vampire ? C’est assez sexuel mais dis donc ça doit être galère pour trouver un emploi correct… », nous les fait voir comme de simples marginaux un peu perchés, ou de respectueux membres d’une Cosa Nostra Vampira. Le meilleur exemple étant celui de cette prostituée vampire, qui atterrit en garde à vue trois fois par semaine, à chaque fois relâchée et sermonnée par les deux agents de l’ordre public.

Vampire prostituée, un métier controversé.

Bon appétit.

Enfin, les zombies. Intarissable manne de gags en tout genre, ils ouvrent la porte de la violence salvatrice à chaque épisode. Très professionnelle, l’UTF ne manque jamais d’irrespect pour ces corps sanguinolents qui déambulent dans les rues comme de simple sans-abri, tout en se souvenant régulièrement de cette phrase hautement philosophique et intelligente que l’ex-ministre Brice Hortefeux prononça il y a quelques temps : « Quand il y a un ça va… C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ! ».

Chez les zombies, c’est le cerveau le point faible

Une réalisation déjà-vu mais efficace.

La violence salvatrice pour tous

Filmée tantôt comme un show classique, tantôt dans le style Blairwitch ou Cloverfield de caméra-sur-l’épaule (équipe de télévision oblige), Death Valley permet une immersion complète dans l’action et les projections d’hémoglobine. Hommage et parodie à la fois de la célèbre COPS (diffusée sur la Fox), et des émissions de pseudo-enquêtes d’action dont la TNT française regorge.

« Une affaire, rondement menée »

Des sujets abordés sérieux, tel le don du sang (et aussi une série d’attaque de la mafia vampire pour chourer les réserves).

Mais imiter les dérives de la real-tv ne fait pas d’une série un succès. Les situations burlesques (le mot est faible) et les répliques cinglantes (le mot est faible) en revanche y jouent pour beaucoup. Le mélange parfait du genre MTVesque et de l’univers mort-vivant fait mouche dans le cœur des amateurs de gore, là où de nombreux long-métrages se sont lamentablement plantés (Zombieland par exemple).

Ajoutons aussi une grosse, grosse, très grosse dose de grivois. Puritains s’abstenir. Remarquez, bouddhistes aussi.

Les gros nichons sont des cibles privilégiées pour les zombies, true story.

Voilà. Mais là maintenant c’est trop tard pour gueuler

Pour bien secouer tous ces ingrédients, la chaine a fait la chasse aux bons acteurs. On retrouve ainsi quelques têtes bien connues en France : Tania Raymonde, la sublime Alex Rousseau de Lost, mais bien plus tôt l’hyperactive Cynthia dans Malcolm in the middle ; et Bryan Callen, vue dans de nombreuses productions US (Scary Movie, Very Bad Trip, etc.) mais surtout dans le rôle du sévère Bilson d’How I Met Your Mother.

Bryan Callen, ici debout à droite, faisant face à Jason Segel (Marshal Eriksen) dans How I Met Your Mother (2005).

Tania Raymonde (à droite) dans Malcolm (2001)

Remercions Dieu pour cette évolution si réussie.

Quant aux autres, MTV a été les glaner dans le grand et inépuisable panel d’acteur américain du petit écran. Charlie Sanders pour le policier chauve qu’on devine amateur de donuts ; Bryce Johnson pour le jeune beau gosse avec une majorité de neurones phallo-centrés ; Caity Lotz pour la petite blonde en proie aux regards gênés de son capitaine, et enfin Texas Battle (oui, c’est son vrai nom…) l’afro-américain qui fait plus confiance à sa batte qu’à son flingue – notons que cet acteur-là continue d’apparaitre dans Amour, Gloire et Beauté régulièrement. Côté bureau de prod, on y retrouve Eric Weinberg, un des génies qui firent de Scrubs une des séries les plus LOL de la décennie.

Texas Battle, nettoyant un Jardiland

Les armes à feu. Efficaces mais peu originales

Aller, surveillez vos programmes télé, et souvenez-vous que, face à des morts-vivants, la meilleure solution reste encore de pousser des hurlements Vikings et de frapper avec un gros bâton. Parole d’expert.

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