blog from the dead

Ces bandes de gauchos qu’étaient à Bastille dimanche dernier

In Quand on prend l'air, Sur les écrans on 19 mars 2012 at 19:29

Par Quentin, qui, du passé, fait parfois table rase.

Avant-propos : à toutes les personnes qui se reconnaitraient sur les photos de cet article et qui préfèreraient que ça soit pas le cas parce que vous aviez dis à votre mère conservatrice que vous alliez simplement sortir le chien, si vous êtes gentils, je ferais en sorte d’effacer vos tronches de communards. D’avance de rien.

Dimanche 18 mars, c’était l’anniversaire  du début de la Commune de Paris (141 ans), premier gouvernement de gros gauchistes de France, d’ailleurs limité à l’intérieur du boulevard périphérique, car déjà en 1871, les parisiens éprouvaient la plus horripilante des nausées envers les banlieusards. Dimanche 18 mars, c’était aussi l’anniversaire des Accords d’Evian, qui accordèrent (un accord, ça accorde. Langue française 1 – les autres 0) il y a 50 printemps de cela, l’indépendance à l’Algérie. Deux évènements franchement orientés gauche donc. La question est : si Jean-Luc Mélenchon n’avait pas invité cent mille de ses potes dans Paris, en aurait-on autant parlé dans la boite à troubadour ? Au risque de vous décevoir, la réponse est sans doute  « non ».

Dans une exclusivité relative, le grand-reporter du P’tit zombie vous offre, en image, la reprise de la Bastille (pour mieux apprécier la qualité de cet article, appuyer sur la touche F11. Pour revenir à la normale, il suffit d’appuyer dessus une seconde fois).

Sale temps ce dimanche… pour les néo-libéraux ! Oui car si, en effet, il a draché pas mal sur la capitale toute la journée, les cœurs des sympathisants de gauche étaient chauds, chauds comme les paillasses des braves travailleurs dans les goulags. Sur la ligne 2 du métro, les chants résonnaient déjà, et à chaque station, lorsque les différentes sections PCF ralliaient le trémoussant wagon, les cris de joie redoublaient de force et de vigueur ! Quinze Internationales plus tard, au terminus, la horde sortit en mugissant, et emprunta, de façon totalement impunie, les couloirs « sens interdit » du métro…

Le début.

1) Nation.

"Vous êtes arrivés à, Nation. Nous vous invitons à descendre"

La place de la Nation, ancienne place du Trône à l’époque où l’on déflorait les jeunes aristocrates avec du plâtre sur la gueule, est une large étoile dans l’Est de Paris. En son centre, une petite sculpture obscure met en scène quelques badauds dénudés tentant de diriger un char tiré par des gros lions, sous le regard goguenard d’une grande demoiselle plutôt jolie qui avance l’esprit léger. Le Triomphe de la Nation, y parait.

Le Front de Gauche, c'est aussi du cosplay.

Iwo Jima, the French Touch.

C’est autour de ce point symbolique, et comme par hasard dans le même sens que les lions, que la manifestation va débuter. Il est 14h, et il règne un bordel monstre.

En voilà un beau média indépendant ! Résistance ! Résistance !

On ressort les classiques.

Il parait que la France est dans le brouillard depuis 10 ans.

2) Faubourg Saint Antoine.

Les Lorialets

Nous notâmes la présence charismatique des Lorialets, troupe de théâtre racontant l’histoire de la Commune de Paris, en 1871.

Contournant l’entrée du parcours, bondée, je file vers Bastille de façon parallèle, et rattrape le Faubourg St Antoine plus loin. Surprise, la manifestation n’est toujours pas partie, mais la rue est déjà surpeuplée. Pour information, le char des Lorialets arrivera à Bastille environ 1h après la fin du discours de Mélenchon.

Faubourg St Antoine, vue vers Bastille, au croisement avec la rue de Reuilly.

Ça, ça m'a fait rire.

Ça aussi.

Incontournable, la fanfare qui joue l'Internationale.

La prise de la (place de la) Bastille.

Les plus intelligents de tous les communards s’étaient ramenés en avance à destination pour ne pas louper une miette du discours de Jean-Luc Mélenchon. Devant l’opéra, un impressionnant dispositif avait été déployé. Et déjà, un paquet de monde se pressait contre les barrières. Deux écrans géants, une bonne trentaine d’enceinte… le Front de Gauche est dans la place.

1) Les gens.

Techniquement, on peut me voir sur l'écran. Comme un Where is Waldo, sauf que c'est pas Waldo.

"Oh ! Mais il est super gros ce lampadaire !"

Les militants ont le sens du LOL

En matière de symbole, on a fait pire.

Bon là, l'ambiance était cool.

2) Les animations marxistes.

Des artistes nous accompagnèrent pour patienter Jean-Luc. En voici quelques uns.

L'animatrice qu'a la même voix que Ségolène Royal et même que c'est flippant.

Didier Porte, l’humoriste comique du drôle

Notons la belle performance d’HK et les Saltimbanques, groupe que j’ai découvert cet été à Saint Paterne Racan, et qui viennent du Nord, accompagnant le Front de Gauche un peu partout. Autant vous dire qu’ils sont un peu gauchos eux aussi.

HK et les saltimbanques et un drapeau.

Bon, j'voulais montrer la photo où la "Maman" magrébine dansait avec la Marianne, mais elle est un peu à chier à cause de ce boubourse avec sa pancarte qu'a fait rien que me gâcher la vue.

Électrique l’ambiance quand on annonce que le candidat est sur le point de grimper sur son pupitre…

Jean-Luc.

Enfin, le tribun allume sa plèbe. Ambiance de dingue. Et quand il demande « Mais où étions-nous ? Ce qu’on s’est manqué ! », c’est littéralement l’explosion. Les jeunes sur la Bastille, les vieux sur les pavés ; métissage générationnel au service du Rouge… place au discours.

1) Jouons à un petit jeu que je vais appeler : « Devenez ce que Jean-Luc raconte ! ».

"Aaaaah les cons"

"Bah alors ! C'est quoi ce bordel ?"

"Ah oui effectivement y'a un sacré paquet de monde"

"De ce côté là aussi"

"Votez ! Et pour moi, ça serait swag"

2) Fin du meeting.

D’autres photos de tailles démentielles et de qualité diverse ici, ici et ici (la dernière étant le panorama de Nation mais en taille potable).

Selon Mediapart, 80.000 personnes étaient présentes. Selon les organisateurs, 120.000.

Il m’a fallu 1h pour rallier la bouche du métro depuis le centre de la place (ça fait environ 50 mètres à vol d’oiseau). Dans le métro de la ligne 5, direction Gare de l’Est, les gens chantaient l’Internationale.

Merci d’avoir lu ce reportage jusqu’au bout, n’oubliez pas d’aller voter le 22 avril, c’est la seule chose que je vous conseillerai de faire ! Et pour finir :

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  1. C’est amusant de faire référence à la Commune de Paris pour un candidat qui attire peu les ouvriers et la classe populaire en général… Il est vrai que c’est toujours beaucoup plus facile de parler du peuple quand ce dernier est absent.

    • J’pense que c’est une histoire de symbole plus qu’autre chose. Mélenchon est pote avec les ouvriers, mais il reste quand même un socialiste avant tout. Dissidents certes, mais socialiste quand même.
      Alors les ouvriers, il les rallie pour le principe, mais la majorité des votants Front de gauche seront des bobos aussi révolutionnaires qu’une cuisse de poulet.

      Je pense que c’est l’élection du « par défaut » de façon générale. On vote PAS pour untel, et on prend ce qui reste.

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