blog from the dead

Exposition « Degas et le nu » au musée d’Orsay.

In Briller en société on 13 mars 2012 at 20:43

Par LiliZ’, la surveillante en maternelle du moment.

Par une belle après-midi ensoleillée à Paris, j’ai décidé d’aller au musée d’Orsay. Dans la file d’attente, je repère un pigeon laid et boiteux, je le suis attentivement jusqu’au moment où je vois qu’il est perché sur une grande affiche « Du 13 mars au 1er juillet 2012 : Degas et le nu ». C’est parfait, nous étions pile poil le jour de l’ouverture de cette exposition : let’s go.

  • Pourquoi mater des nus de Degas ?

Mais d’abord, qui est ce type ?

Lorsqu’on parle du mouvement impressionniste en arts, le nom d’Edgar Degas (1834-1917) est rarement oublié. Ce français, à la base très académique dans ses peintures, fait une rencontre décisive avec l’impressionnisme. C’est avec de grands noms comme Pissaro, Renoir, Monet qu’il propose des tableaux  en 1874 lors de la première exposition impressionniste et cela jusqu’en 1886 (où les artistes s’éloignent les uns des autres pour laisser la place à d’autres générations/mouvements).

Et qu’a-t-il de particulier ?

Degas est un personnage tout à fait singulier même pour un mouvement aussi original que l’impressionnisme. Il s’attache à des techniques particulières comme le pastel (pour la rapidité des gestes, la possibilité des reprises) parfois utilisé pur, tout comme la gouache, le fusain, la sculpture, la gravure. Il a redécouvert le principe du « monotype », estampe sans gravure qu’il rehausse de pastel. Jusqu’en 1865, il voulait devenir peintre historique et on reconnaît son originalité en partie aux postures très travaillées des personnages comme pour Scènes de guerre au Moyen Age (1863-1865) :

Pourquoi ses nus ?

Les figures nues sont au cœur de son travail tout au long de sa vie. De plus, le nu est un genre dans lequel il a littéralement innové. Lors de cette exposition, vous trouverez différentes périodes dans sa carrière :

  1. Le corps classique : ses premiers nus. On trouve des dessins très rigoureux à la manière académique de l’époque mais une originalité se fait déjà ressentir grâce à l’attention qu’il donne aux gestes de ses personnages.
  2. Le corps exploité : Degas dans les maisons closes vers les années 1870. Il y a alors une rupture dans les formes des prostituées dessinées qui n’ont plus rien d’académique. On est face à des corps gras, difformes car ils s’inscrivent dans le péché, qui relèvent d’avantage du stéréotype de l’époque que de la réalité. Degas leur demande parfois des postures difficilement naturelles pour exalter le corps.
  3. Le corps ausculté : les nus naturalistes dans le début des années 1880. Degas met en scène le quotidien des femmes comme le bain, la coiffure du matin.
  4. Corps exposé : 1880. On reconnaît les touches impressionnistes, le pastel, les sculptures avec comme sujet de prédilection, les danseuses nues comme Le Tub (1986) : Ou Après le bain, femme nue s’essuyant la nuque (1898) :
  5. Le nu transformé : fin de carrière. Les traits sont presque expérimentaux car au fusain, accompagnés d’une nervosité inédite. La sculpture tient une place comme jamais ce ne fut le cas dans toute sa carrière. On l’avait compris mais cela devient de plus en plus évident : Degas est fasciné par la représentation des dos nus. Comme dans Petit déjeuner à la sortie du bain (1895-1898) :
  • L’exposition est au musée d’Orsay

Alors bon, il y a plusieurs points positifs à ce que ce soit dans ce musée comme par exemple les tarifs (gratuit pour les moins de 25 ans et 6,50 ou 9 euros selon votre cas), mais aussi les œuvres en elles-mêmes :

– Beaucoup de sculptures.

– Beaucoup de toiles sur l’impressionnisme (aux origines, Cézanne autour de 1880, la première exposition de 1874 etc.) avec des Courbet, Monet, Manet, Cézanne, Millet, Degas…

– Un (petit) cabinet d’architecture.

– Des cabinets de photographie sur l’autoportrait et la mise en scène de soi, sur le mouvement du pictorialisme (montrer que la photographie est aussi un art d’interprétation avec la technique du flou optique, du tirage manuel).

– Le mouvement Nabi qui se base sur d’avantage de subjectivité, de rêve, de symbole, issu des leçons de Gauguin avec Bonnard, Denis.

– Voir La nuit étoilée de Van Gogh.

– De l’art décoratif du Second Empire pour prouver aussi l’importance des meubles, des vases etc.

– Une salle sur l’orientalisme avec des tableaux de Gustave Guillaumet, d’Etienne Dinet, de Belly etc.

– L’art nouveau avec Carabin, Charpentier.

Concluons sur le fait que c’est jusqu’au 1er juillet 2012, qu’il y avait déjà du monde le premier jour et que c’est mérité.

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