blog from the dead

Connaissances Facultatives #1 : Amazing Grace

In Briller en société, Ouverture des oreilles, Université Le P'tit Zombie on 18 janvier 2012 at 22:17

Par Quentin, tueur professionnel de zombies, se déplace à domicile sauf le jeudi parce que je fais judo.

Il m’aura fallu du temps avant de partager avec nos désormais fidèles lecteurs ce qui, à mon endroit, forme le plus bel aspect de la musique : sa diversité. Très conscient de ne pas jeter un pavé dans la marre avec une telle affirmation, je vais de ce pas entamer une balade à travers les partitions, qui vous fera non seulement relativiser la totale vianderie intersidérale qu’est l’humanité, mais qui vous fera l’aimer du dedans. Mélomanes, à vos oreilles, ça va être AMAZING.

Amazing Grace : prononcez « Eumay-zine graisse », et traduisez « Stupéfiante miséricorde » ou « Incroyable gentillesse divine du Dieu de les chrétiens qui sent bon l’eucalyptus et les pommes d’amour ». C’est une chanson qui a environ le même âge que Geneviève de Fontenay, soit approximativement 233 ans. Ecoutez-moi donc cette merveille pendant les deux prochains paragraphes (première vidéo).

Chant chrétien anglais, très vite exporté aux States et calé sur une musique traditionnelle pondue entre Irlande et Écosse, Amazing Grace est un hymne à l’amour de Dieu. Il vous enseigne que crever c’est pas si grave, sauf si on a sodomisé des enfants ou si on a commercé des africains à travers l’Atlantique, auquel cas on a de grandes chances de se faire lécher par des flammèches rouges et de danser la pole-danse sur le trident de Lucifer (j’extrapole à peine).

Avec une partition aussi simple que I’ve got the feeling, Amazing Grace est devenu, au fil de les années, la chanson de base de tous les trucs à peu près triste et/ou spirituel du monde anglophone. Le meilleur exemple étant les cérémonies commémoratives du 11 septembre 2011. Dans cet article, je fais un tour d’horizon des reprises et adaptations. Il y en a pour tous les goûts, du Gospel au Heavy Metal, et du Hip hop coréen au football français.

Qui dit States et qui dit Dieu, dit forcément Gospel. Preuve vivante que les blancs sont vraiment des grosses brêles en musique, voici ci-dessus l’interprétation splendidement superbe de Mahalia Jackson, fondant en larme après quelques mesures. Une piano, une voix : le schéma parfait. En fait, la chanson est une sorte de jury Jesus-X-Factor à elle seule : révélant un certain talent, et faisant office de carte d’adhérent à cours de catéchisme. Quant au morceau a capella de Leann Rimes, toujours en mode Gospel, il vous convertirait presque à l’évangélisme :

Retour aux sources chez Susan Boyle, le boudin anglais devenu célèbre (et canon). Superbe voix, mais aussi superbe exemple de chanson-pour-chialer, avec un crescendo presque continu, bien secoué par les chœurs et les violons loin derrière. Comment ça on nous manipule ?

Les pas-originaux.

Amazing Grace ne cherche pas seulement à vous faire pleurer comme la ménagère américaine de base devant La Ligne Verte. C’est bien souvent une occasion pour des stars de s’acquérir un certain standing. On l’a vu avec Leann Rimes, chanter ce monstre musical c’est un peu comme jouer sa carte +4 dans une partie endiablée de Uno. En France, on pourrait comparer ça à une tournée avec Les Enfoirés. Inutile de préciser que la chanson est libre de droit, ce qui est assez pratique pour meubler un album pas très meublable.

Ainsi, le King a eu sa période communion divine :

De même, plus près de chez nous, Nolwenn Leroy s’y est mis, sans toutefois daigner foutre un biniou ou une bombarde dans l’affaire (dans un album nommé Bretonne, ça fait mauvais genre). Nolwenn se rêverait-elle en diva du Gospel ? (vidéo de très mauvaise qualité, vous êtes vraiment pas obligé de la lire en fait)

Toujours sur le vieux continent, je vous laisse estimer la version du Sasquash, alias Demis Roussos, qui nous balance une version carrément originale (ou alors, trop pas).

Les originaux.

C’est ici que ça devient canon les enfants. Jusque-là, on a écouté des reprises très calmes, très Jésus, et en fin de compte, très communes. Amazing Grace, certes classique celtique, est en réalité plus populaire dans sa version américaine de nos jours. Intéressant de noter que l’adaptation « gospel » a dépassé en popularité l’originale celtique. Je dis « intéressant », parce que la suite de mon histoire n’est qu’une vague série d’évolutions plus ou moins réussies : qui sait, dans 200 ans, c’est la version Jazz qui dominera…

Justement ! Dans un style bien différent mais très parenté, la version Jazz du maitre Louis Armstrong nous transporte dans un monde merveilleux ressemblant aux Aristochats. Attention, ambiance Nouvelle Orléans, un must-to-listen de catégorie 1.

PK, comprenez « promise keeper », propose une version hip hop chrétien largement basée sur les titres Gospel (en même temps, c’est lié). A noter que ces petits gars sont coréens, ce qui montre l’internationalitude du morceau.

Donna Marie, chanteuse presque inconnue à cause de son homonyme actrice, a enregistré dans les années 90 une superbe version soul-reggae qui transporte la Jamaïque dans votre salon. Un autre must-to-listen.

Sur la toile, la vague du remix house n’a pas épargné son Seigneur. Malheureusement, le tout reste quand même très amateur. Difficile de trouver une perle rare qui pourrait passer dans un live de Daft Punk. Celle-ci, bien représentative, nous rappelle plus un extrait d’une Schtroumpf Party spéciale Noel qu’autre chose.

Dans la catégorie Talent, voici un gros coup de cœur, les Red Hot Chili Pipers, une bande celtic-jazzy de Glasgow. Leurs gros avantages étant de coller parfaitement à la version originale avec toutes ces cornemuses (et tous ces kilts!). Quand la Boite de Jazz de Jonasz rencontre Try Yann, ça donne ça…

Acoustiquement parlant, Youtube est une mine d’or. Les performances guitare-seule frisent le million. Les meilleures sont trop nombreuses pour être listées. Cependant, j’ai retenu Jerry Garcia, sorte de mélomane western adepte du blues Texas, et Josh Wilson, virtuose de la guitare studio, un peu country sur les bords.

Moins original mais tout aussi extraordinaire, petite mention de U2 pour amorcer la partie rock de l’article. Ici, en introduction de When the streets have no name pendant le 360 Tour. Si vous ne frissonnez pas, il se pourrait que vous ne soyez pas humain.

Version métal dans le style Motorhead, les plus chevelu d’entre vous se délecteront de la version d’Entombed, groupe suédois d’Heavy Metal sauce pogo. Rien que pour secouer la tête, ça vaut le coup. Par contre j’me demande… Satan va pas être vexé si les métaleux se mettent à chanter Dieu ?

Incontournable, la version des Drokick Murphys, les champions du rock-celtique de Boston. Pour l’anecdote, en concert, le type qui joue la cornemuse, il n’a pas d’ampli. Je vous laisse imaginer un peu les décibels qu’il balance.

Enfin, pour terminer, je voudrais faire une spéciale dédicace au LOSC, le club de football de Lille, qui base son hymne sur Amazing Grace. Ça sera la touche légère et populiste de cette revue !

Cet article a un but caché je l’avoue. Toutes les versions de cette petite chansonnette dégagent une vérité trop peu populaire. Déjà, une domination totalement irréfutable de ce qu’on pourrait appeler « la musique noire » pour coller au cliché. Mais également l’influence terrible de celle-ci dans tous les courants modernes de la musique. De là à dire que les meilleures musiques ont des racines africaines, il n’y a qu’un pas. Oserai-je le franchir ? Je vais me gêner.

Je vous kiffe sa mère, et vous donne rendez-vous bientôt pour un autre article de connaissances facultatives.
Et pour la route…

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