blog from the dead

Polisse

In Sur les écrans on 23 novembre 2011 at 15:25

Par Lili Z‘, la gaffeuse du moment.

Oui oui je sais mes Choupinets, Polisse est sorti le 19 octobre, je suis en retard. Mais que nenni, mon superbe rédacteur en chef m’a donné son accord et/ou m’a obligé à écrire cet article. Alors voilà, je ne suis pas critique ciné mais je vais tenter de vous parler de ce film qui a eu un bon petit succès en France.

Pour la bande annonce, c’est ici (attention, il faut bien choisir) :

Ici, ici, ici ou ici.

J’ai eu l’eau à la boubouche.

J’ai commencé à entendre parler de Polisse lorsque le Crash test du Grand Journal de Canal+ l’a placé en tête des films de la semaine. Il fallait donc le voir selon Libération (Gérard Lefort), ELLE (Florence Ben Sadoun) et Hollywood Reporter (Rebecca Leffler). Le trio nous le vendait comme un chef d’œuvre, un film bien dirigé, avec justesse, énergie et qui méritait un 8,6/10. Et puis j’ai cherché ce que l’on en avait dit à Cannes. Lors du festival (du 11 au 22 mai dernier), il a quand même reçu le Prix du jury, et a été nominé 5 fois (Palme d’or, Grand Prix, Prix de la mise en scène, Prix du jury œcuménique*, Prix de la jeunesse). Il a aussi rempoté le Grand prix cinéma ELLE (bon, pas terrible mais c’est quand même ça), le premier prix du Coup de cœur cinéma Gaumont Pathé et le premier prix Lumière sur… par Kinépolis. Les résultats sont là : 1 962 904 entrées. Cette semaine là, Polisse fut placé en tête des films sortis la même semaine  (il a quand même dû se battre contre Real Steel, Drive ou encore The Artist). Mais qu’est-ce qu’en pense Lili Z’ ?

Tout partait d’une bonne volonté…

C’est en tombant sur un documentaire de la Brigade des Mineurs que Maïwenn Le Besco (la réalisatrice) a souhaité réaliser Polisse. Elle dit s’être inspirée de tous les films policiers classiques qu’elle a pu voir et notamment des documentaires de Virgil Vernier sur la police, comme celui. De plus, avant d’écrire le scénario du film, Maïwenn a passé du temps à la Brigade des Mineurs pour écouter et observer : « Je n’ai pas arrêté de passer d’un groupe à un autre en prenant des notes, j’étais comme une éponge pour m’imprégner au maximum de ce que je voyais. Même pendant les trois heures de pause-déjeuner, ou le soir, au moment de l’apéro, je ne les lâchais pas pour ne rien perdre de leurs discussions, et je posais des milliers de questions », confie-t-elle lors du Festival de Cannes. On comprend mieux le rôle qu’elle s’est donnée de photographe extérieure à la Brigade venant observer.

Elle a voulu revaloriser Joey Starr. Maïwenn lui a donné le rôle principal avant même de savoir le thème du film, voulant « chercher sa fragilité et sa pudeur« . Elle l’avait déjà pris dans son troisième long métrage, Le bal des actrices (2007) dans un rôle comique mais secondaire. L’image qui lui colle à la peau en France provient d’affaires violentes et de son titre de gangsta dans le groupe de rap NTM. Et malgré cela, le faire jouer en tant que flic pour la protection des enfants maltraités, c’était osé. Elle n’a pour autant pas trahi sa personnalité car il reste un des protagonistes les plus travaillés, les plus amochés, je ne dirai pas un des plus intéressants mais on oublie vite le passé de Joey Starr pour se plonger dans la vie de Fred.

Pour les personnages du film, elle a écrit une « Bible » qui comportait des éléments biographiques, des traits de caractère et des précisions sur les rapports entre les membres de la brigade. En somme, le film promettait de retranscrire la réalité sans artifice.

…et pourtant on en arrive aux éternels clichés.

Je vous le dit tout de suite : j’ai aimé ce film et je pense qu’il faut le voir. Mais il y a des choses qu’on ne peut pardonner à ce film travaillé. Parlons d’abord des personnages. On sait que Polisse a une portée biographique. Malheureusement, les clichés naissent bien d’une petite réalité. Ce n’est pas pour autant que l’on doit se taper des personnages ayant tous une vie personnelle pourrie et que l’on plaint un par un pendant 1h30. Quand on prend chaque protagoniste séparément, ils ont tous en commun un trait de caractère façon série TV. Dans le groupe de la brigade, il y a le bon chef a qui on ne donne pas assez de moyens pour bien travailler et protéger les pitis mômes, l’anorexique qui n’arrive pas à avoir d’enfants et qui est sérieusement tordue, l’amourette entre deux flics même si la fille a quelqu’un d’autre (d’ailleurs, ils s’en rendent compte après un mini drame à l’américaine !), celle qui boit un peu trop, le flic torturé par la vie qui a la rage pour aider les gamins et qui s’implique énormément quitte à taper du poing et à hurler à la mort et la photographe d’un quartier chic qui observe sans rien dire mais qui vaut plus que sa jupette noire et ses lunettes pour faire intellectuelle. Étonnamment, PAF histoire d’amour entre ces deux derniers.

Et puis il y a les cas de police étudiés qui sont clichés, comme la prolétaire boloss qui branle ses fils pour les faire dormir, les Roumains en caravanes qui exploitent les enfants, le bobo quadragénaire qui touche sa fille avec dédain, la pré-adolescente qui suce des types pour un beau portable, etc. La manière dont on en parle n’échappe pas non plus aux stéréotypes. On ne s’intéresse pas vraiment aux enfants. Par exemple, on ne sait jamais ce qu’ils deviennent, et tout se termine après l’interrogatoire (sauf pour le gamin de la fin que l’on revoit faire sa gym). Les cas invoqués ne sont là que pour servir les policiers et à en apprendre plus sur eux. Le film a pour but de retranscrire le quotidien d’une brigade pour mineurs, mais qu’en est-il si on ne s’attarde pas réellement sur les enfants ?

En somme, rien n’est parfait et malgré mes critiques, je pense que c’est un bon film. Il revalorise cette brigade trop souvent oubliée, et parle de sujets sensibles comme l’inceste touchant tous les milieux sociaux, l’abandon d’enfants criminel ou non, la difficile distance entre des professionnels et des enfants qui souffrent, etc. Si vous avez le cœur accroché, regardez-le et si c’est déjà fait, donnez votre avis.

* Le Prix œcuménique est remis lors du festival de Cannes à un long métrage de la compétition officielle par un jury composé de chrétiens engagés dans le monde du cinéma (journalistes, réalisateurs, enseignants).

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